Les mots brûlent les lèvres mais ne les consumment pas. Ce qui est braise à l'intérieur se contente d'une attente enivrante mais désespérée. Il n'y a pas suffisamment de paroles pour consoler ce qui est latent. Il n'y a pas suffisamment de gestes pour animer ce désir insoutenable. La patience du coeur est moindre que celle de l'esprit.
Celui-ci ne se contente pas d'analyses, ni même se plaît de sous-entendus mièvres, et sans consistence. Il souhaite une caresse tangible, bien qu'il sait pertinemment qu'elle s'absente. La raison est douteuse, si bien qu'il se meurt peu à peu.
Le temps faiblit ce qui était, semble-t-il, établi. La consistence des liens semblent se dissoudre dans un univers vaporeux et instable. Il reste des froissements de tissus, et le souvenir de la chaleur de l'autre. Si brève fût-elle, elle n'en est pas moins une tache redondante sur la peau. Les doigts effleurent cette douleur, et tente d'apaiser la blessure.
À quand l'acte ultime? Le jeu de l'acteur s'éteint sous la lumière tamisée. Il reste des regards, et des sourires. À force, ils semblent perdre de leur signification, pour devenir qu'un mime heureux, et sans saveur.
Le goût du sucre remonte à la gorge, et envahit la bouche entière. Un voile rose sur le visage, et l'espoir dans le corps entier. À chaque fois, l'on croit que la lumière éclairera enfin ce qui était sombre et indéchiffrable.
Et pourtant, encore le silence des amants interdits.
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