jeudi, mars 15, 2007

Grandir, et devenir meilleur


Half-Nelson (2006) de Ryan Fleck

La première fois que j'ai lu sur ce film, c'était dans le journal. Le critique lui avait consacré quatre étoiles sur cinq. Ce genre de cote, c'est rare. Rarissisme. Enfin, je voulais aller au cinéma pour faire ma propre idée, mais la bâtisse était trop loin, et finalement, je me suis dégonflée. Cette semaine, je suis allée au club vidéo, ce que je n'avais pas fait depuis un bon moment. (Oui, vous savez, j'ai eu le nez collé à mon écran d'ordi pendant 8 mois. Dieu soit béni, c'est terminé, je peux avoir une vie sociale et intellectuelle divertissante maintenant.) Bref, le dividi était disponible et je l'ai ramené chez moi.

C'est Dan Dunne, professeur d'histoire au secondaire possédant des idéaux utopiques de l'enseignement et coach de basket-ball féminin, qui se fait un jour prendre dans les toilettes par une de ses élèves, Drey, en train de fumer du crack. Drey provenant d'un milieu où la drogue est familière (son beau-père est vendeur, son frère en prison) ne porte aucun jugement sur le professeur, et décide plutôt de s'intéresser à son quotidien. La solitude des deux personnages va les rapprocher, alors que chacun galère pour se trouver une identité dans un monde où rien n'est facile. À leur manière, ils tenteront de s'entraider, tout en réalisant qu'on ne change pas ce que l'on est fondamentalement, et que l'amitié naît d'une nécessité profonde de se sentir apprécié, et utile. Leur relation sera victime de quelques tourments, notamment la rechute de Dan, et la vente de drogue de Drey; mais aussi la différence d'âge et de milieu. Au bout du compte, ces facteurs deviennent superflus, alors que l'on entre dans un univers où chaque personne est seule à la base, et en besoin de contacts humains.

Ce qui fait la force du film, c'est le jeu des acteurs principaux Ryan Gosling (Dunne), et nouvellement à l'écran, Shareeka Epps (Drey). Ils insufflent à leurs personnages une profondeur hors du commun, et une sobriété de jeu proche de la perfection. Gosling donne probablement le meilleur de lui-même, déjà remarquable dans quelques productions précédentes dont The Believer (2001), The United State of Leland (2004), et The Notebook (2004). D'ailleurs, je dois mentionner que The Notebook est probablement le meilleur film kétaine et romantique que j'ai vu; la symbiose entre Rachel McAdams (qui est maintenant la petite copine de Gosling) et Gosling est fantastique. Vous avez pu le remarquer également dans... Young Hercules (1998-1999) où il incarnait un Hercule adolescent, la version prépubère de Kevin Sorbo! Je pourrais vous nommer d'autres mauvaises séries dont la canado-américaine Breaker High (1997), que j'ai effectivement regardé étant plus jeune. Je vous l'avais dit que j'aimais les mauvaises séries de manière fanatique. Ceci n'est pas un mensonge. Bref, je ferai une chronique un jour sur toutes ces merveilles télévisuelles.

Enfin, tout ça pour dire que Half-Nelson est un film dont on ne sort pas indifférent. C'est une oeuvre dans laquelle le spectateur s'immerge, et où il en ressort pensif, bousculé. Il nous ramène à quelque chose d'essentiel que l'on prend parfois à la légère, et qu'on néglige probablement trop; l'être humain.

À voir.