Je suis triste quand je lis la section "Sports" du journal ces temps-ci. Récente partisane du Canawien de Mourial, je regarde le classement pour les séries, et une gros peine fanatique se pointe dans mon café: "Ils ne feront pas les séries, cette année. Bâtard. Pourquoi j'ai acheté un chandail de l'équipe...?" Oui, je suis pessimiste tout plein.
Le hockey, c'est une religion. Une partie, une messe. Les joueurs sont des héros populaires, vaillants défenseurs de la fierté montréalaise, gladiateurs en patin; ce sont nos petits gars, parce que ce soir, "on" joue contre telle équipe. Ce soir, "on" a gagné contre telle équipe. Hier, "ils" ont perdu. C'est comme ça. On accompagne le match de bière et de fast-food, on gueule contre les punitions, on chiale contre les arbitres, on envoie promener l'entraîneur adverse et le nôtre parce que: "C'est quoi ce trio là? Quessé ça cette décision là? Encore le mauvais gardien ce soir! Check-le, comment il est trop en ****" (Pour les français, bienvenue au Québec. D'ailleurs, Huet... il s'est drôlement bien intégré. "Pis on a bien joué, j'pense qu'on a donné not' 110%")
Cette saison, c'était l'envolée, c'était la Coupe Stanley et la fameuse parade. Avant Noël, l'équipe était 4ième au classement. Les gars ont mangé trop de dinde au réveillon; ils sont tombés malades après les fêtes, et l'équipe s'est mise à perdre. Aujourd'hui, on ne fait pas les séries, pas encore, du moins. Il reste un peu plus d'une dizaine de matchs à jouer, mais l'espoir s'est enfouie dans les plis de ce fameux chandail caché dans mon tiroir.
Je vais quand même pas le porter alors que l'équipe s'asseoit sur son talent, et oublie comment faire des passes. D'autant plus que mon chandail... c'est le numéro de Cristobal Huet. Et il a l'aîne étirée. "Il va revenir pour les séries." Quelles séries? Ha! Le golf?
Bah, ça m'empêche pas de jetter un coup d'oeil sur la partie, alors que mon frangin écoute le match sérieusement, bière à la main. Moi, je regarde ma bouteille, et écoute d'une oreille. 1-0, 2-0, 2-1... "Alors, Jacques?" "Eh bien, Pierre, l'équipe joue mal ce soir." Ça sent la défaite... puis soudainement, en 2ième période, elle se réveille. "On" égalise le score, "On" patine... GO! GO! GO! Allez, GOOOOAAAL! Alors là, "on" est content! On est prêt pour les séries, encore une fois.
Jusqu'au prochain match.
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