vendredi, juin 15, 2007

Les chemins de terre

Il fait chaud les amis… Vous savez, ces journées de chaleur où vous avez tout simplement l’impression de fondre sur le bitume, où le soleil est si fort que ça vous donne le tournis… Je déteste ce genre de température. Je déteste avoir chaud, être moite, assoiffée à toutes les minutes de la journée, et amortie pareille qu’une enclume. C’est que j’ai des lectures à faire pour ce mémoire à la con voyez-vous… et je regarde l’eau de ma piscine.. si bleue et si fraîche que je maudit ma vie pourrie.

Travailler sur un projet universitaire l’été, ça craint un max.

Bref, je suis allée dans la Grande Ville dans les trois derniers jours, à jouer les rats de bibliothèque et faire un tata à mes coupaings du béton. Ce fût fort plaisant. Et un peu bizarre de jouer la touriste pour la première fois en sept ans. Mais bon, j’suis pas trop fâchée ni rien : ici, il y a la piscine avec l’eau si bleue et si fraîche…

Pendant ce périple, je suis allée voir une pièce de théâtre écrite, montée et jouée par des anciens collègues de travail. Ça ma jeté sur le cu*. Le sujet, en gros, était le questionnement de la life qui tue alors que l’on termine ses études.. et que l’on a un job pourri et que l’on cherche désespérément quelque chose qui a du sens, qui a une signification : créer, dans le quotidien mais aussi bâtir un projet de vie. Ouais, ça m’a touché. Et puis l’actrice principale était wahou quoi.

Alors en sortant du théâtre, je me suis dis que je devais trouver un truc moi aussi. Forcément, vous sortez du cinéma ou du théâtre, vous vous sentez inspiré. C’est l’effet de projection et d’immersion. Et puis bon, on a l’air d’une grosse caricature de nous-mêmes. Parce qu’au fond, le lendemain, notre résolution.. on l’oublie et on retombe dans le train-train, obligations obligent. Et je me suis mis à penser à P*** qui est tiraillé entre deux offres d’emploi et qui ne sait pas laquelle choisir parce que ça changera sa vie pour toujours. Puis, je me suis demandé si j’avais fait le bon choix de revenir dans les sapins verts. Est-ce que l’on doit choisir en fonction des opportunités, ou bien d’un désir plongé dans l’incertitude? Est-ce que j’ai fais un bon choix en m’éloignant de la Grande Ville qui, au final, m’offrait probablement une voie plus facile… ?

Ça m’a semblé nécessaire. Et le fait de revoir les amis et les connaissances que je me suis fais dans la Grande ville m’a un peu troublé. J’ai un peu peur de la solitude aujourd’hui.

Baaaah, je vais plonger dans l’eau de la piscine si bleue et si fraîche, recommencer à bosser et j’oublierai encore une fois la mélancolie étrange qui nous guette, alors que l’on est face à deux chemins de terre et que l’on essaie à tout prix de ne pas regarder en arrière…

… pour revenir sur nos pas.

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