mardi, mai 27, 2008

Le vide des bras ouverts

Attendre patiemment que l’amour revienne. Que l’ennui resurgisse, pressant, alors que l’horloge arrête de battre le temps en longueur. Aimer avec vertu, dans une rapidité en stop-motion puisqu’il me semble que tout s’étire trop longtemps.

Ce temps où il est ailleurs et que l’espace est encore une fois trop vaste.

Le cœur bat, le rouge monte aux joues. La pression de la minute qui s’écoule et l’angoisse de ce qu’on a perdu, de ce qu’on perd et sûrement, oui sûrement, de ce qu’on perdra. Vouer une haine à la limite de l’autre alors que moi, je veux m’enliser profondément en lui et ne plus jamais en ressortir.

Ce temps où il est ailleurs et que l’espace est encore une fois trop vaste.

Le corps s’arrête, espère que les aiguilles reprennent un rythme en cadence. Tout ce qui est autour se meut dans une lenteur insoutenable. Et le bruit en trop devient agaçant; et les voix des autres sont des cordes stridentes du violon; et l’ouïe semble vouloir qu’une chose, un son précis à mes oreilles. Un son en murmure qui exprime la plus violente sensualité.

Ce temps où il est ailleurs et que l’espace est encore une fois trop vaste.

L’angoisse meurt, telle une lance qui transperce la chair. Ses mains me touchent, apaisent la brûlure du silence cacophonique. Ses lèvres éteignent la fièvre de la solitude et proposent une vie de promesses; des attentes douloureuses dont on ne peut se séparer. Les heures s’écoulent avec une rapidité que l’on ne peut retenir et encore une fois, je me retrouve là, à attendre patiemment que l’amour revienne.

Que l’ennui resurgisse, pressant alors que l’horloge arrête de battre le temps en longueur.

Ce temps où il est ailleurs et que l’espace est encore une fois trop vaste.